Au fil de l'histoire, Decouvrir Nezel, Histoire & Patrimoine

Au fil de l’histoire

Comments 26 décembre 2012

Avec l’aimable autorisation de l’association ACIME (Association Culturelle pour l’Information de Maule et des Environs). Association Loi 1901, Agréée d’Education Populaire n°78369 par décret ministériel. Affiliée à la Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques des Yvelines, à la Fédération Patrimoine & Environnement (FNASSEM), à  l’Association Patrimoniale de la Plaine de Versailles et du Plateau des Alluets (APPVPA) .

Revue_Nro32

Extrait de la revue de l’ACIME n° 32:

   Chroniques du Pays de Mauldre

        Aulnay, Nézel, La Falaise

en suivant le cours de la Mauldre

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En suivant le cours de la Mauldre

Des temps préhistoriques, barbares et gallo-romains notre village n’a pas gardé de traces exceptionnelles et son histoire doit être celle de toute la vallée. Imaginons ces rives de la Mauldre couvertes de forêts et fréquentées par des chasseurs-cueilleurs-pêcheurs.

Un site archéologique du paléolithique a été découvert , en octobre 1959, du côté des petits Près-Dieu, au moment de l’élargissement de la voie par le service des ponts et chaussées.  F. Grelaud y a trouvé une soixantaine de pièces, outils de type acheuléen, clactonien et abbevillien. Parmi les pièces recueillies se trouve un très joli biface.

les pres dieu d'antan

Victor Aubert avait étudié une station néolithique sur le coteau de Montgardé, le centre de la station étant situé sur un point culminant très élevé et le sol garni d’énormes rochers ; il dit que là fut peut-être le berceau du village de Nézel. Dans des anfractuosités, qui  ont dû servir d’abris, on a trouvé des débris de charbon, d’os, des détritus, des cendres et des silex taillés ou polis. Aux environs, des éclats d’armes et des débris de silex, deux haches polies, plusieurs pointes de flèches soit à pédoncule, soit simples, des couteaux, nucléus et grattoirs minés.

Puis de l’époque franque et mérovingienne, nous avons seulement quelques monnaies.

Les premières traces historiques que l’on retrouve remontent au IXème siècle. On sait en effet que vers 890, l’église Notre-Dame de Paris se trouve en possession d’un vaste domaine qui, à son apogée, englobera Epône, Mézières, La Falaise, Nézel, Aulnay et une partie d’Aubergenville, soit environ 4000 hectares. Pendant des siècles, les seigneuries de Nézel seront dans la mouvance de celle d’Epône, ou d’Aubergenville et du Chapitre de l’Eglise Notre-Dame de Paris.

De même elle est dépendante de la paroisse Saint Béat d’Epône. Les habitants de Nézel demanderont leur autonomie religieuse en 1510. Ils ne l’obtiendront qu’en 1545, mais en restant jusqu’en 1802 « dessertes d’Epône ».

Sous l’Ancien Régime notre village fait partie de l’Intendance de Paris, de l’Election de Mantes, du Parlement de Paris, du Bailliage de Meulan,  du Gouvernement d’Ile de France, du Diocèse de Chartres, de l’Archidiaconé du Pincerais, du Doyenné de Mantes.

Le village de Nézel est régi par la coutume de Mantes et Meulan. A partir de la révolution et jusqu’à nos jours Nézel et la Falaise seront administrativement et artificiellement séparés. En 1790 Nézel fera partie du canton de Maule puis de celui de Meulan.

En 1771, Nézel est dit faisant partie du bailliage de Meulan avec pour Nezel haute, moyenne et basse justice seigneuriale dont les appels  vont à la barre du chapitre de Paris, les cas royaux au bailliage de Meulan.

En 1856, Maule demanda que fût reconstitué son ancien canton. Toutes les communes intéressées, dont  Nézel, donnèrent leur accord, mais Meulan  s’y opposa vigoureusement pour des raisons mercantiles : «  ce serait détruire le commerce de la ville de Meulan… »

En 1968, Nézel sera rattaché au canton d’Aubergenville, de l’arrondissement de Mantes la Jolie. L’Evêché est celui de Versailles.

Parmi les nobles du bailliage de Meulan qui ont comparu le 9 mars 1789 à Mantes pour les élections aux Etats Généraux sont nommés : Marie-Thérèse-Simon Conserot de Richebourg, et Joseph-Marie de Kerouallan tous deux seigneurs de Nézel

En 1792, les trois communes de Nézel, Aulnay et la Falaise se partagent les Près-Dieu, après bien des chicanes, les uns voulant le partage, les autres trouvant plus d’avantages à la jouissance commune.

La Mauldre traverse longitudinalement notre commune. Sa présence fut à la fois source de richesse et de détresse. Richesse apportée par les limons fertiles, l’eau en permanence propice à la culture, détresse causée par de graves inondations.

Nezel sous l'eau

 

Il n’y avait autrefois qu’un pont sur la Mauldre à Nézel qui reliait au village de la Falaise. Ce pont en pierre avait été construit par Louis Urbain Aubert de Tourny, seigneur de la Falaise en 1758 (actuellement emprunté par la route du vieux pont). Aujourd’hui, nous avons trois passages, deux routiers (rue du vieux pont, rue du pont des Prés Dieu) et un pédestre (ruelle du Colombier).
On trouvait dans la Mauldre des barbeaux, des goujons, des écrevisses. Mais on peut se demander si les habitants pouvaient profiter de la pêche dans la rivière pour améliorer leur ordinaire, car entre le XIIIème et le XVIIIème siècle nous savons qu’il y a des droits de pêche dont une partie appartient à ces « Messieurs du chapitre de l’église de Paris ». Les seigneuries d’Aubergenville et d’Epône ont aussi des titres de propriété sur la Mauldre (1644 à 1682). Et encore, attachés à la terre, seigneurie et marquisat de Maule, ces droits sont encore signalés en 1737 au bénéfice de Mlle de Logivière, propriétaire du marquisat et ont dû disparaître avec la Révolution. Le courant de la rivière fut longtemps utilisé pour faire tourner des moulins.
Le grand moulin de Nézel, moulin banal, était situé près de l’ancien château, à quelque distance du Colombier. Au XIXème siècle ce moulin reçut les perfectionnements modernes : le blé était broyé par des cylindres équivalents à sept paires de meules ; les diverses machines étaient mues par une roue à aubes développant en moyenne une force de 12 chevaux et par une machine à vapeur de 25 chevaux. Il était alimenté par les blés provenant des plaines de Thoiry, Crespières, Les Alluets, Bréval et tous les environs. Il produisait chaque jour 36 à 40 sacs de 150 kg de farine.
Au nord du village, le petit moulin, construit pendant la Révolution , en 1793, fit surtout ce que l’on appelle la petite mouture. Il était muni de 3 paires de meules et d’une roue à aubes développant environ 6 chevaux.

Au cours des siècles notre village eut souvent à souffrir des inondations. Ce n’est qu’à notre époque, grâce à des aménagements, en particulier des bassins de retenues, que la Mauldre s’est tout à fait assagie, la dernière crue remontant à mars 1983.

Au début du XVIe siècle, dans leurs réclamations pour obtenir  une paroisse à Nézel et ne plus se rendre à Epône pour se rendre à la messe, les habitants font état de la difficulté de traverser  la Mauldre et d’enfants noyés en essayant de passer  sur des ponts de planches lors d’inondations. Dans une lettre de 1788, les représentants des habitants parlent de trois inondations qu’ils viennent d’éprouver et du mal  qu’ont causé les débordements de la Mauldre sur les fourrages et les légumes, principaux objets de commerce pour leur commune.  Graves inondations en 1821, en 1856, en 1876 : en 1856, la Mauldre déborde en entrainant les récoltes des propriétés riveraines, inondation provoquée par la rupture des digues qui retiennent les eaux des étangs près de Rambouillet. En 1876, les pluies et la fonte des neiges causent une inondation et des dégâts si importants que le Conseil, à Nézel, alloue des indemnités aux propriétaires les plus éprouvés.

 

Nézel

Nézel fut nommé Nésel ou Neseel entre les XIIIeme et XVeme siècle puis Nésée ou Nézée avant de se fixser en Nézel. D’après le livre « Etymologie géographique de Seine et Oise » Paris, 1876, ce nom viendrait de zel pour ce, cette et pour nay = pointe , le village se trouvant à la pointe des « Monts de la Mauldre ».

De nombreux lieux-dits ont traversé les siècles pour arriver jusqu’à nous. On trouve aujourd’hui comme hier : les près Foulon, la Nourrée, les Corvées, les Gertris, les Dominés, les Hamards, les Galigots, la Paquière, les Enchères, etc…

Plan d'intendance paroisse nezel nov 1783

Le territoire de Nézel n’est pas très étendu : environ 131 hectares. Il consiste en vallée et coteaux, arrosé par la Mauldre qui, en général, sert de limite vers l’Ouest.

La seigneurie de Nézel  fut distraite du domaine patrimonial à la mort de Raoul l’Estendard, seigneur d’Aubergenville, pour former, avec droit de moyenne et basse justice, le lot du plus jeune des fils de la maison d’Aubergenville, Colin, qualifié de « Seigneur de Nézel » dans un acte du monastère de Saint-Nicaise en l’an 1139. La haute justice restait attachée à la seigneurie d’ Aubergenville.

Le nom le plus ancien que nous ont laissé les titres de la seigneurie est celui de Thomassin de Nézel qui sera le chef d’une longue lignée, puisque pendant des siècles, la seigneurie restera dans cette famille.

On trouve cités 3 fiefs :

1-le fief de Nézel proprement dit,

2- le fief de Cotel (ou Cautelle), appelé aussi de la Boüe, ce deuxième semblant dépendre du premier,

3- le fief de Villeneuve, mouvant de la seigneurie d’Aubergenville.

Et on trouve quelques actes de vente ou de donation qui font penser que la terre de Nézel n’a pas été au cours des siècles en totalité entre les mains des seigneurs de Nézel :

En 1339, les habitants d’Aubergenville, de Nézel, d’Aulnay, de Maule et de Bazemont, achètent à Guillaume de Meulan, seigneur d’Aubergenville, moyennant 16 livres parisis de rente annuelle payable par tous solidairement, les terrains et garennes d’Aubergenville sous la réserve que ledit seigneur conservera pour lui et ses vassaux le droit de chasse et celui de haute, moyenne et basse justice.

En 1391, Jean de Moulins vend  la seigneurie de Nézel et celle d’Aulnay à Jean du Soc, chanoine de l’Eglise  Notre-Dame de Paris, en vertu d’un contrat reçu le 24 août par Maitres Guery et Achier, notaires au Châtelet de Paris, moyennant six francs d’or au coin du Roi, Jean du Soc donnera lesdits fiefs à l’Eglise Notre Dame de Paris.

En 1932, Jean de Villeneuve reconnait tenir à une seule foi du Chapitre Notre-Dame de Paris « le fié de Nézel en la paroisse d’Epône » consistant en moyenne et basse justice.

En 1406, Michel de la Bove (ou de la Boüe) dit tenir deux fiefs sis à Nézel et Aulnay, qui, par héritage, passent à ses sœurs Michelle de la Bove et Jeanne de la Bove épouse de Pierre Cautelle, avocat à la cour. Celui-ci fait, en 1428, aveu pour la seigneurie de Nézel. Le deuxième fief de Nézel doit probablement son nom à Pierre Cautelle et Jeanne de la Bove sa femme.

En 1460, Michelle de la Bove et son époux vendent à Jean de Bastard, chantre et chanoine de l’église de Notre-Dame de Paris, les deux fiefs pour le prix de « quarante escus d’or neuf à la couronne du coing du roi ». Ce Jean de Bastard donne ces fiefs, avec 22 écus d’or, au chapitre Notre-Dame de Paris, à la charge de faire dire et chanter  un obit solennel à perpétuité, chaque année, le jour de son décès.

<arbre genealogique de la seigneurie de Nézel>

En 1497, il y a « saisie du fief de Cotelle sis à Neseel  faute d’aveu non vendu et de … non payé » et plusieurs autres actes concernant ce fief dans les années qui suivent. Une nouvelle saisie le 26 octobre 1624, à la requête de Joachim de Nézel, une transaction en avril 1644, entre les Messieurs du Chapitre et la Dame de Neseel pour la «consistance et estendue fins et limite et justice du fief de la Boüe ou Cautelle mouvant de Neseel ».

En 1553, on trouve copie d’aveux vendus à « Messieurs » par Jean de Néseel, qui reconnait « tenir en foy et hommage » deux fiefs, l’un qui fut à feu Thomassin de Néseel et l’autre à Guillaume de Villeneuve. Le blaon de Jehan de Nézée était « d’azur au sautoir d’argent à quatre étoiles en flancs et pointes. »

Le 21 février 1682, quittance par  Messieurs du Chapitre à Joachim Daublay, seigneur de Villiers comme «mary» de demoiselle Marie-Madeleine de la Barre et Paul Petault seigneur de Bourneuf comme «mary» de demoiselle Marie-Catherine de la Barre de la somme de 250 livres pour le droit de relief du fief et seigneurie de Nézel « mouvant à foy et hommage » de la seigneurie d’Aubergenville.

Le 28 juin 1688, aveu et dénombrement de la seigneurie de Nézel, relevant en fief de la châtellenie et seigneurie d’Aubergenville, rendu à Messieurs du chapitre de Paris par dame Marie-Madeleine de la Barre son épouse, seigneur et dame de Nézel.

Etait-ce pour payer moins de droits, ou la terre de Nézel était-elle vraiment pauvre nous ne savons pas ; mais voici, in extenso, ce qui en est dit en l’année 1687 :

«  La terre de Nézel se consiste en un moulin affermé à bail trois cens quatre vingt dixlivres et trente septier de bled

En un pressoir qui depuis plusieurs années n’a pas produit grand revenu d’autant que depuis un longtemps il est notoire que des vignes ont peu rapporté

En la quantité de vignes et de prés portés par … que l’on a baillé quy n’ont pas non plus donné beaucoup de revenus parce que les foins ont toujours esté à grand marché

En un colombier lequel a jusqu’ici été abandonné n’ayant eu de maître dans la maison,  madame de Bernapré qui en jouissait ayant toujours demeure à la Falaize

En une petite garenne dans laquelle il n’y a point de lapins. »

On peut aussi faire l’hypothèse qu’il ne s’agit que d’une portion du territoire de Nézel, celle dont jouissait Madame de Bernapré, dame de la Falaise, en cette année-là.

Pour 1776, nous avons l’état du revenu annuel de Nézel qui, avec ses moulin, colombier, prés, vergers, jardins, maison, garennes, pressioir, droits et baux se monte à 3322 livres 17. Parmi l’énumération un marais, appelé « le pré de la Vertu » y est loué pour 90 livres.

JUSTICE

La seigneurie de Nézel possédait les droits de moyenne et basse justice avec les droits et prérogatives appartenant aux moyens et bas justiciers selon les coutumes de Mantes et de Meulan. Elle ressortissait de la seigneurie d’Aubergenville. Elle était exercée par  un prévôt, un procureur de seigneurie, un greffier, des procureurs, un sergent, et un geôlier.

EGLISE

Ce fut primitivement une simple chapelle dédié à Saint Blaise. La fête patronale est le 3 février. Les habitants de Nézel dépendaient de la paroisse d’Epône et devaient aller aux offices à l’église Saint-Béat. En 1511, puis de nouveau en 1545, les villageois demandent que leur chapelle soit érigée en église. Ils font valoir que le village contient 28 feux, que les habitants sont assez riches pour subvenir aux besoins d’une église et de son desservant, que le trajet pour aller à Epône est long et parfois difficile à cause des inondations et de l’absence de pont pour passer la Mauldre. Jehan de Nézel étant Seigneur, le 29 mai 1546, la sentence de l’official de Chartres érigrant la chapelle Saint Blaise de Nézel en église, succursale d’Epône, est rendue par l’archevêque de Sens. L’Eglise paroissale, ayant tous les objets acoutumés –fonts baptismaux, le Saint-Chrême, le Saint Ciboire, le cimetière, les cloches, les vases sacrés –sera désservie par le curé d’Epône ou son vicaire et les habitants seront tenus d’y entendre les offices divins. Ils devront entretenir un marguillier et un clerc et payer 30 livres tournois annuellement au curé d’Epône. Mais la veille et le jour de Saint-Béat, ils devront continuer d’assister à l’office à Epône.

En 1758 le curé d’Epône bénit la cloche Anne-Charlotte, nommée par Charles-Henri Daublay et son épouse. Aujourd’hui le clocher renferme 2 cloches : fondues par Crouzet-Hildebrand, fondeur à Paris, elles furent toutes deux bénites le 20 juillet 1884 par Pierre Paul André Borsu, chanoine de Versailles. L’une, nommée Ernestine eut pour parrain Jean Severin et pour marraine Ernestine Eloïse Mère née Fortier, l’autre appelée Irma eut pour parrain Arthur Ernest Flavien Faucon et pour marraine Irma Céline Faucon jeune née Baudel, Monsieur Faucon étant maire de Nézel.

L’édifice souffrit des guerres du XVIème siècle, et au cours du XVIIème siècle, des remaniements altérèrent son caractère initial. A l’origine, le clocher carré devait s’élever dans l’angle N.E . du pignon alors que maintenant il est situé en son centre. Un charpentier de Maule, Gervais Sanselme, restaura le beffroi en 1772, travail que la fabrique paya 100 livres. Le chevet, bâti en pans coupés, est éclairé par trois ouvertures, dont les vitraux peints datent du XIXème siècle.

Celui du centre représente le patron de l’église, saint Blaise ; les apôtres saint Pierre et saint Paul ornent les deux autres vitraux de chaque côté : le premier offert par Alphonse Turpin fils et par le curé Prosper Gaillard, le second dû à la générosité de DenisCharles Turpin et Elise Rufin, tous deux en l’année 1868.

POPULATION

Au XIIème siècle on comptait 67 feux. Entre 1709 et 1726 de 98 à 88 feux . Le nombre d’habitants tourne autour de 400 jusqu’en 1830, date à partir de laquelle il décroît mais sans descendre au-dessous de 325 et recommence à croître dès 1926 arrivant à 482 en 1962  et 595 en 1968.

Au dernier recensement il y avait 806 habitants.

Les terribles crises des années 1693-1694 et 1709-1710 avec leurs hivers rudes, leurs mauvaises récoltes, leurs disettes et leurs épidémies ont été gravement ressenties à Nézel puisque l’on note :

1693

1694

1709

1710

naissances

18

6

9

16

décès

20

62

24

14

 

Dans leur registre, les feuillets de 1694 étant tous remplis, il fallut utiliser une autre place et à la fin de ceux de 1692, on lit : «les mortuaires et baptesmes qui suivent sont de la dite année 1694 et écripts cy après, le registre de la dite année 1694 ayant finy accause de la grande mortalité et pauvreté de cette année» ; la crise du «  grand hiver » de 1709-1710, malgré sa réputation historique, se révélant moins meurtrière.

Ancienne photo des commerces

L’épidémie de choléra de 1832 ne fit que 2 morts à Nézel.

En consultant, à la mairie, les registres d’état civil du XIXème siècle, on constate que le village a du mal à équilibrer ses naissances et ses décès. Les décès sont souvent plus nombreux que les naissances, mais, dans les décès, on relève un assez grand nombre d’enfants en bas âge et même nourrissons, parmi lesquels il y a quelques enfants en nourrice, donc natifs de Nézel.

Des séries de décès d’enfants font penser à des épidemies de maladies infantiles alors qu’en 1849, par exemple, une hécatombe a lieu parmi les adultes de tous âges – 35 décès (les chiffres des années de la décennie se situant entre 5 et 12) – et n’atteint pas les enfants.

En 1956, le hameau de La Nourrée compte 25 habitants, celui des Près Dieu 15 habitants.

Les patronymes les plus souvent rencontrés au XIXème siècle sont : Cheval, Cretté ou Creté, Lesieur, Turpin et Frichet ou Frichot.

RESSOURCES ET COMMUNICATIONS

Traditionnellement la population est agricole et pendant des siècles a produit suffisamment pour sa propre consommation –avec tous les aléas des caprices de la nature.

Un décret de réquisition est pris le 23 août 1794 pour approvisionner les marchés de la région : « le marché de Maule sera approvisionné par les communes de Maule, Aulnay et Nézel, dont les cultivateurs et propriétaires sont, sous la surveillance des municipalités et agents nationaux, tenus de porter les denrées et grains sur le marché de la dite commune, le nonidi de chaque décade, jour auquel il est fixé. »

Le sol des bords de la Mauldre étant très fertile à cet endroit, au XIXème siècle, les cultivateurs sont devenus maraîchers, fournissant en légumes de qualité les grandes villes voisines, Saint-Germain, Versailles, Paris. Et à cette même époque, un M. Mauvoisin vendait ses fruits et légumes jusqu’en Angleterre.

Nézel fait donc commerce de légumes, fourrages, fruits et vins. Mais dans une lettre des délégués de la commune de mai 1788 les habitants se plaignent de leurs difficultés poursuivre leur commerce à cause des chemins impraticables entre Epône et Maule : « si cette lieue de terrain qu’on ne saurait parcourir sans risque de perdre les chevaux et les voitures était une fois réparée, on verrait certainement revivre l’activité, qui en rendant nos moyens de subsister moins onéreux, assurerait plus de facilité à plus de vingt villes et villages que la crainte d’une route si dégradée tient dans l’engourdissement. »

Et de nouveau, en août 1788 : « …le danger de les voiturer depuis Epône jusqu’à Maule où les chemins sont impraticables en été comme en hiver. »

Le vignoble de Nézel est qualifié de « médiocre ». Vers 1786 il produit 300 muids de vin. Il disparait avec le XIXème siècle : en 1902 il ne reste que 0,045 ha de vigne. Ce n’est pas un pays d’élevage, mais on dénombre en 1892 à Nézel, 24 bovins et 60 chevaux. On peut penser qu’il s’agit surtout d’animaux de trait.

En 1882, un projet de tramway avait vu un début de réalisation et fonctionna entre Epône et Mareil pendant 7 mois. Mais « dans le village aux endroits où la route est trop étroite, elle gênait la circulation des voitures ; les machines employées lançaient du charbon enflammé qui occasionna plusieurs incendies. Les trains marchaient à une trop grande vitesse dans la traversée des habitations, des accidents étaient à craindre, enfin l’espace compris entre les rails et les contre-rails étaient trop grands, il causait souvent la rupture des essieux des voitures qui y engageaient leurs roues. Les habitants de Nézel virent avec satisfaction la ruine de cette compagnie. » Un grave accident le 11 octobre 1883 fit 2 morts et 11 blessés.

Et en 1899 l’instituteur peut dire : « au point de vue des communications Nézel ne laissera bientôt plus rien à désirer. Il est traversé dans toute sa longueur par le chemin de grande communication n°70 de Suresnes à Mantes » Il y a, dit-il, de bons chemins vicinaux et ruraux, et l’on vient de construire un chemin dans les prés-Dieu sur le côté ouest de la station, qui permettra de se rendre à la gare de marchandises sans franchir deux passages à niveau établis sur la ligne de chemin de fer. Car la voie ferrée passe à Nézel et lui assure une communication facile avec Versailles.

moulin ancien

MOULINS

Le grand moulin de Nézel, moulin banal, était situé près de l’ancien château, à quelque distance du colombier. Au XIXème siècle ce moulin reçut les perfectionnements modernes : le blé était broyé par des cylindres équivalents à sept paires de meules ; les diverses machines étaient mues par une roue à aubes développant en moyenne une force de 12 chevaux et par une machine à vapeur de 25 chevaux. Il était alimenté par les blés provenant des plaines de Thoiry, Crespières, Les Alluets, Bréval et tous les environs. Il produisait chaque jour 36 à 40 sacs de 150 kg de farine.

Au nord du village, le petit moulin, construit pendant la Révolution, en 1793, fit surtout ce que l’on appelle la petite mouture.  Il était muni de 3 paires de meules et d’une roue à aubes développant environ 6 chevaux.

ECOLE

Dès 1546 il est dit que le clerc sera tenu d’enseigner aux enfants, outre les principes de la religion, lecture, écriture, latin et un peu de calcul.

Au 1er avril 1809, le maître d’école est Jean Thierry, 62 ans, et le sieur desservant Charles-Nicolas Souasse, 49 ans. Le maître d’école est pensionnaire de l’Etat, le desservant est prêtre. Tous deux très capables et de bonne vie et mœurs. Il est payé au maître d’école 10 à 15 sols par les parents et rien au desservant. Il enseigne à une quarantaine d’enfants. La maison qui sert d’école est humide, mal éclairée et insuffisante. Une délibération du conseil municipal du 6 novembre 1808 nous apprend que « l’école commençait au plus tôt au mois d’octobre et finissait au mois de mars ».

De mars à octobre, l’instituteur redevenait cultivateur.

L’école occupa divers locaux très imparfaits et la municipalité chercha à plusieurs reprises à acquerir une maison propre à cet usage jusqu’à ce qu’elle fixe son choix, en 1857, sur une maison –actuellement mairie – qu’elle achète 2500 francs et y fait des travaux pour la transformer en mairie et école.

Il y a des travaux d’aménagement et des agrandissements dans les années qui suivent et dans sa monographie de 1899 l’instituteur note que « le logement de l’instituteur est convenable, la salle de l’école est propre, saine et bien éclairée mais elle est trop petite pour les 50 élèves qu’elle contient. Elle est pourvue d’un matériel complet, des tableaux d’histoire naturelle, d’histoire de France décorent les murs. Elle possède une douzaine de cartes Vidal-La-Blache. La bibliothèque renferme plus de 450 volumes intéressants. Les cabinets d’aisance vont être refaits dans de bonnes conditions hygiéniques. »

En 1897, la commune fait l’acquisition d’une lanterne à projection et, chaque hiver, tous les 15 jours, l’instituteur, aidé par ses collègues d’Aulnay et de Maule, fait une causerie ou conférence sur un sujet instructif. Ces jours-là il n’est pas rare de voir une centaine de personnes se presser dans la petite salle d’école.

VIE QUOTIDIENNE ET COUTUMES

En 1884 le conseil municipal fait capter une source, installe un réservoir et une canalisation distribuant dans tout le village une eau potable. Grâce à cette installation les habitants ne sont plus obligés de boire l’eau de la Mauldre plus ou moins impure !

Lavoirs

En 1867 on cite 4 lavoirs publics à propos d’un devis pour leur couverture. Un chemin de la Falaise, un à la Nourrée, un aux Prés Dieu et le dernier à la Grande Planche.

Il y avait un lavoir à la source de Montbuisson que le propriétaire de Montgardé avait fait construire, pour l’usage des habitants de Nézel, mais je ne sais ni quel propriétaire, ni en quelle année. Il fut utilisé jusqu’en 1885 et personne n’avait jamais protesté. Mais un nouveau propriétaire interdit ce lavoir aux habitants. Le conseil municipal se réunit pour délibérer et fait établir plans et devis pour un nouveau lavoir alimenté par une canalisation partant de Montbuisson. Il y est dit entre autres :

« Ils (les habitants) sont privés d’un lavoir à eau propre, n’ayant que la rivière de Mauldre au niveau très variable, glacé en hiver, impropre au lavage à cause des usines qui se trouvent en amont et sont obligés de recourir au lavoir de la Falaise assez éloigné où ils ne sont que tolérés. »

Ce conseil est signé : Laroche, Béguin, Broquet, Eugène Cheval, Désiré Cheval, Méral Cheval et Turpin. Le 1er mars 1891, le projet est encore discuté et ne sera adopté que le 23 août 1913.

Lavoir à linge celui-là, car il faut aussi un lavoir à poireaux, très utile dans un village de production maraîchère : en 1888 un devis est établi pour sa construction, la dépense totale sera  de 1278,58 francs mais, avec un rabais de 9% ? réduite à 1108,80 F. Il est précisé que ce lavoir doit être établi à proximité de la grande rue dans laquelle il existe la conduite d’eau alimentant les bornes fontaines du pays. La réception des travaux eut lieu le lundi 18 novembre 1889 à 2 heures  de l’après-midi par Langlois maire, assisté d’Eugène Cheval et Auguste Turpin, conseillers municipaux.

A Nézel, les bois se coupent tous les neufs ans. L’élagage des peupliers se fait tous les six ans, celui des saules tous les quatre ans. A propos de l’usufruit des arbres fruitiers, il est dit qu’à Nézel l’usage veut que l’usufruitier donne un labour mais sans spécifier à l’aide de quel instrument aratoire.

Les locations verbales se font à l’année, elles commencent le 11 novembre.

Les congés se donnent six mois avant la sortie.

Les loyers se paient le 11 novembre. Il est accordé huit jours pour déménager.


Mairie de Nézel

27, rue Saint Blaise 78 410 NEZEL Tel 01 30 95 64 28 mairiedenezel@wanadoo.fr HORAIRE MAIRIE-POSTE Lundi, mercredi, samedi : 09h00-12h00 Mardi, jeudi 15h00-18h30. Fermé le vendredi

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